Style Pulse

« Edouard VII, le pionnier du détournement mode. »

10 août 2014

Le précurseur du détournement élégant des vêtements de sport, de métier ou de folklore régionaux, est une tête couronnée et pas des moindres ! Déjà le roi George IV qui régna de 1811 à 1830 fut protecteur de Brummell, référence absolue du dandysme.

Mais c’est avec Edouard VII que la couronne britannique, férue d’élégance, rentra dans la légende de la mode. Ce prince, grand dandy, qui succèdera à sa mère la Reine Victoria en 1901 et, francophile convaincu ( il est le père de l’Entente Cordiale), sera l’une des grandes figures de l’élégance parisienne de la fin du siècle, tout comme son petit-fils Edouard VIII, qui sera l’inspirateur de tous les tailleurs, et même de la mode européenne, durant les années 30, 40 et 50.

Photos article Prince de Galles1

Edouard VII, ne régna qu’à l’aube de la soixantaine, il passa donc sa vie jusque-là en élégant dilettante, Prince de Galles et sans trop de poids protocolaire. Il est vrai que la liberté aristocratique, liée au fantasque intrinsèque à la noblesse anglaise, est le terreau idéal à la création en matière de style. Profitant pleinement de la vacuité de sa fonction de Prince, il voyageait sans cesse, et ramenait de chaque contrée visitée, le meilleur des us et coutumes locales en terme vestimentaire. Les trouvailles adoptées par lui et conservées une fois de retour à Londres, sans même une seconde de doute, devenaient à la mode aussitôt.

Edouard VII, profitant pleinement du flou protocolaire de sa situation avant son accession au trône, peut se permettre de mettre au point des tenues décontractées pour l’époque, inspirées des sports pratiqués par les Lords, ou de ses voyages et qui sont à l’origine de plusieurs coutumes vestimentaires encore aujourd’hui.

 » Twistant » tout, en maître des élégances, il joue de même avec le vêtement qui ne se veut que d’apparat, considéré comme inerte, paralysé, tant qu’il n’a pas été détourné de sa fonction première.

C’est ainsi qu’il fait rentrer à la cours de Londres des vêtements détournés de leur usage premier : veste tyrolienne, ou culotte de cuir allemande, le Homburg chapeau à bord roulé ramené de Hamburg qui remplace le melon avec un costume à veste courte, il impose surtout le smoking qu’il ose le premier porter hors du fumoir auquel il est réservé, remplaçant le queue de pie pour longtemps.

Photos article Prince de Galles2 Il démocratise aussi la veste de chasse (et de vélo), la Norfolk, issue de son sport favori. De France il impose sa coupe de chemise qu’il se fait confectionner par le chemisier français Charvet, un col haut et retourné, nommé parfois col HRH (Her Royal Highness) à la mode à la fin du XIXe siècle. Il lance aussi l’habitude pour la gent masculine de laisser déboutonné le dernier bouton de sa veste de costume, de son gilet, ou de son cardigan. Suivi par tous ses sujets immédiatement. Depuis, cette coutume constitue une norme dans le port du complet-veston.

Photos article Prince de Galles3On dit que revenant des courses un jour de pluie et couvert de boue, le Prince aurait fait des revers à son pantalon pour éviter de se tâcher, il lance la mode du « revers prince de Galles ».

Il a également donné son nom au tissu Prince de Galles, tissus qu’il emprunte aux grands propriétaires fonciers anglais établis en Ecosse qui n’ont pas droit au Tartan, le motif des clans.

Destiné au personnel, ou à la pratique du sport, Edouard VII sans snobisme, porte ce tissu en ville ou aux courses.

Icône de style pas vraiment orthodoxe à la vie dionysiaque, Edouard VII, s’affranchissant du conformisme victorien, lance définitivement la silhouette moderne (pantalon et veston), et la source de son style vient de sa liberté à choisir sa garde robe sur ses qualités fonctionnelles d’où qu’elles viennent : sports, métiers, folklores, une attitude  qui ne s’est jamais démentie auprès des élégants et toujours aussi moderne.

www.detoujours.com  se veut dans la droite lignée de l’esprit d’élégance  d’Edouard VII dénichant partout des pièces originales indemmodables fabriquées par les ateliers qui ont inventés le vêtement , l’accessoire en question ou qui sont encore des fabriquants  spécialisés de sports,  de metiers et folklores dont ils défendent l’héritage.

I.Crampes